Le Capucin Gourmand

A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, alors que la frontière venait d’être rouverte et que Genève grouillait déjà de diplomates désireux de créer la future ONU sur les ruines de la défunte SDN (Société des Nations), le Capucin Gourmand de Jean Viens, nouvelle enseigne prestigieuse et parfois sulfureuse, se mit à accueillir une clientèle riche et cosmopolite, venue déguster spécialités et grands vins avant de se glisser, parfois, dans les draps soyeux de l’établissement. Il faudrait retrouver le livre d’or des hôtes d’alors, parmi lesquels Eleanor Roosvelt ou Mistinguett. Hélas, l’avenir du Capucin était compté. L’aéroport de Cointrin intensifiait ses liaisons aériennes et le survol d’avions de plus en plus gros et de plus en plus nombreux portait un préjudice croissant à l’hôtel. Après avoir prévenu l’aéroport, Jean Viens organisa l’envol de ballons captifs, retenus par des filins au-dessus du bâtiment. Les survols furent interrompus, la querelle franco-suisse enfla et, finalement, Jean Viens obtint que l’aéroport lui rachète à bon prix « son » Capucin bientôt promis à la démolition. La période de gloire n’aura finalement duré qu’une dizaine d’années.

Voir aussi:

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Le Capucin Gourmand à la fin de la guerre (Document Michel Weiss / MWE001)

 

PGR108 Capucin [Largeur max. 2400 Hauteur max. 1800]

Les résistants ferneysiens célébrant la Libération du Pays de Gex et la réouverture de la frontière, en septembre 1944, au Capucin Gourmand. En bas à droite, Jean Viens. (Document Pierre Grenier / PGR108)

Jean Viens, propriétaire du Capucin gourmand.

Jean Viens, propriétaire du Capucin gourmand.

BUGR001a deFSA Hotel Restaurant Capucin Gourmand [Largeur max. 2400 Hauteur max. 1800]

Sans légende… (Document Famille Bugada / BUGR001)


 

LEAD Technologies Inc. V1.01

Le menu du Capucin Gourmand dans les années 50 (Document Bernard Viens / V1.01)

RBU504a [Largeur max. 2400 Hauteur max. 1800]

Le bar. De gauche à droite, René Bugada (barman), le chef cuisinier, le maître d’hôtel, Félix Miglierina (barman), le comptable et un client. (Archives Famille Bugada / RBU504a)

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Menu du 31 décembre 1951 (Document Bernard Viens / BVI504)

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Document Le Progrès (0073w)

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Menu du 31 décembre 1952 (Document Bernard Viens)

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La cave (Document Michel Weiss / MWE004w)


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La salle à manger (Document Michel Weiss / MWE003w)

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Mistinguett et le photographe genevois Freddy Bertrand, au restaurant en 1950 (Document Jean-Claude Cailliez / JCC006)

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Jean Viens et son fils Bernard devant le Capucin Gourmand (Collection Bernard Viens)

19540714 Ferney Capucin Gourmand FAN<br /> http://doc.rero.ch/record/59934/files/1954-07-14.pdf<br /> Feuille d'avis de Neuchâtel du 14 juillet 1954 - 2ème article à droite :<br /> LES AVIONS N'ENTRAVERONT PLUS LA DIGESTION DU « CAPUCIN GOURMAND » QUI AVAIT ENTRAVÉ LEUR VOL<br /> Le « Capucin gourmand » a gagné la bataille de son espace vital aérien, devant la cour d'appel de Lyon , qui a relaxé récemment, sans peine ni dépens, son propriétaire, M. Jean Viens. L'hôtel du « Capucin gourmand », à Ferney-Voltaire, sur la frontière suisse, se vantait d'avoir une clientèle de choix. Or, l'agrandissement du terrain d'aviation de Genève-Cointrin vint bientôt mettre un ter- me à cette période de prospérité. Nuit et jour, les avions qui décollaient ou atterrissaient rasaient le « Capucin gourmand » dans un bruit assourdissant qui décourageait les plus fidèles hôtes du lieu. M. Jean Viens tenta d'obtenir une indemnité, sans aucun résultat. Il adressa alors au directeur de l'aérodrome de Genève-Cointrin, ainsi qu'à tous les directeurs de compagnies aériennes, une lettre les informant qu'à partir du 10 octobre 1953 le « Capucin gourmand » serait entouré d'une chaine de ballons captifs. Le directeur de l'aérodrome. M. Bratschi, prit très mal ces menaces. Sur sa plainte, M. Jean Viens fut cité devant le tribunal correctionnel de Nant ua et condamné pour « menaces de mort » à 30.000 francs français d'amende. Il fit aussitôt appel et la cour d'appel de Lyon a prononcé un verdict d'acquittement. La cour déclare que si l'hôtelier avait inopinément, ou en période de brume, placé le réseau de filins tendus par des ballons, il aurait pu être poursuivi, mais qu'il a prévenu les compagnies aériennes, qui ont d' ailleurs, depuis, modifié le parcours de leurs appareils.19540714 Ferney Capucin Gourmand FAN http://doc.rero.ch/record/59934/files/1954-07-14.pdf Feuille d'avis de Neuchâtel du 14 juillet 1954 - 2ème article à droite : LES AVIONS N'ENTRAVERONT PLUS LA DIGESTION DU « CAPUCIN GOURMAND » QUI AVAIT ENTRAVÉ LEUR VOL Le « Capucin gourmand » a gagné la bataille de son espace vital aérien, devant la cour d'appel de Lyon , qui a relaxé récemment, sans peine ni dépens, son propriétaire, M. Jean Viens. L'hôtel du « Capucin gourmand », à Ferney-Voltaire, sur la frontière suisse, se vantait d'avoir une clientèle de choix. Or, l'agrandissement du terrain d'aviation de Genève-Cointrin vint bientôt mettre un ter- me à cette période de prospérité. Nuit et jour, les avions qui décollaient ou atterrissaient rasaient le « Capucin gourmand » dans un bruit assourdissant qui décourageait les plus fidèles hôtes du lieu. M. Jean Viens tenta d'obtenir une indemnité, sans aucun résultat. Il adressa alors au directeur de l'aérodrome de Genève-Cointrin, ainsi qu'à tous les directeurs de compagnies aériennes, une lettre les informant qu'à partir du 10 octobre 1953 le « Capucin gourmand » serait entouré d'une chaine de ballons captifs. Le directeur de l'aérodrome. M. Bratschi, prit très mal ces menaces. Sur sa plainte, M. Jean Viens fut cité devant le tribunal correctionnel de Nant ua et condamné pour « menaces de mort » à 30.000 francs français d'amende. Il fit aussitôt appel et la cour d'appel de Lyon a prononcé un verdict d'acquittement. La cour déclare que si l'hôtelier avait inopinément, ou en période de brume, placé le réseau de filins tendus par des ballons, il aurait pu être poursuivi, mais qu'il a prévenu les compagnies aériennes, qui ont d' ailleurs, depuis, modifié le parcours de leurs appareils.

Bras de fer avec l’aéroport (Feuille d’Avis de Neuchâtel, 14 juillet 1954)

GMY5_0048 Capucin Gourmand 1956 [Largeur max. 2400 Hauteur max. 1800]

Démolition du Capucin Gourmand, 1956 (Document Geneviève Cartegini / GMY5_0048)

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