Falquet Eliane 1931-2019

Eliane Falquet en septembre 2018

Eliane Falquet s’est éteinte le 4 mars 2019. Elle avait 88 ans. Sa maman, Andrée, avait tenu à Ferney le Café des Sports, devenu aujourd’hui le Patriarche. Eliane avait épousé Roger Falquet en 1949 et donné naissance à quatre filles : Annick, Cathy, Claire et Sophie, qui lui avaient à leur tour donné 8 petits-enfants et 8 arrière-petits-enfants.

Ce sont les hasards de la vie qui ont amené Andrée Gerlier, la maman d’Eliane, à s’installer à Ferney, à deux pas de la fontaine, puis ont permis à Eliane d’y rencontrer Roger Falquet, issu d’une famille venue de Suisse au tournant du siècle.

Hasard malheureux que la mort accidentelle du papa d’Eliane, lors d’un accident sur la route menant à Lyon, train contre automobile à la sortie d’un tunnel. Hasard encore qui fit qu’au sortir de la guerre, le café des Sports était à vendre et que son petit pécule permit à sa veuve Andrée Masson, native de Lyon mais établie à Bourg-en-Bresse, de l’acquérir en 1948. Eliane, fille unique, avait dix-sept ans. Elle aida sa maman au café…

C’est à la fontaine que le jeune et fringant Roger Falquet, venu de la ferme voisine, faisait boire son cheval puis le faisait se cabrer fièrement devant la belle Eliane avant d’aller, comme tous les paysans d’alors, prendre un verre au comptoir. Roger épousa Eliane le 15 septembre 1949. Elle avait tout juste dix-huit ans.

A la ferme, Edouard Falquet s’occupait du bétail, Roger du matériel agricole. Au fil des ans, la famille s’élargit de quatre filles : Annick en 1950, Cathy en 1962, Claire en 1965 et Sophie en 1968.

Retour sur les années 1900. A l’époque, la Suisse était très pauvre et nombre de ses enfants devaient émigrer, particulièrement à la campagne où, pour éviter tout démembrement, la loi sur les successions transmettait ferme et domaine au seul aîné des enfants, les autres se trouvant dans l’obligation de se chercher un avenir ailleurs. C’est ainsi que, particulièrement à la fin de la Première Guerre mondiale, de nombreuses familles vaudoises et fribourgeoises vinrent s’installer dans le Pays de Gex où de nombreux paysans avaient été tués au front.

Edouard et Hélène Falquet leur avaient en quelque sorte ouvert la voie puisque la famille était arrivée à Ferney à la fin des années 1890, venue du petit village vaudois de Cuarnens. Elle avait repris l’exploitation du Châtelard, une des fermes appartenant aux Lambert, propriétaires du château. A noter qu’entre 1914 et 1918, de nombreux blessés de guerre avaient été accueillis et soignés en face de la ferme, dans un bâtiment où subsista longtemps une grande pièce appelée « la chambre des Poilus ».

A la ferme étaient nés, une génération plus tard, cinq enfants : Roger, Edouard, Renée, Gisèle et Georges, ce dernier s’étant noyé à l’âge de treize ans dans l’étang de Ferney durant la Deuxième Guerre.

Au centre du village, veuve, « Madame Andrée » avait donc repris le Café des Sports et fait, un peu plus tard, la rencontre d’Auguste Perrot dit « Bidule », garagiste dans le quartier de la Limite. Ils s’établirent et finirent leurs jours dans une maison bâtie sur la route de Prévessin, juste à côté de celle qu’allaient se faire construire, quelques années plus tard, Roger et Eliane Falquet. Une proximité qui disait bien la proximité entre les familles et les générations. C’est là que, devenue veuve en 2002, Eliane a passé le reste de sa vie.

Ses enfants et petits-enfants appréciaient d’elle son goût pour l’aquarelle, la tapisserie, la couture et les bons petits plats Ferneysiens et Gessiens connaissaient son engagement amical aux côtés des uns et des autres.

Avec Eliane Falquet, c’est un peu de notre histoire villageoise qui s’est envolée en mars 2019.