André Traffey (1935-2026) et Michel Traffey (1937-2026)

Le Soleil se couche sur Ferney. André et Michel Traffey viennent de nous quitter à quelques jours d’intervalle. Pour les « vieux » Ferneysiens, ils restaient les témoins d’une époque heureuse et révolue où leurs parents, Maurice Traffey et son épouse, la «Mimi», venus de la région lyonnaise, tenaient le Café du Soleil, dans la Grand’rue de Ferney. On y jouait aux cartes et au 421. On sirotait la «picholette» de blanc ou la «mominette» bien fraîche. Madame Yvonne, ancienne aviatrice, aidait au ménage et faisait quasiment partie de la famille. Ni André ni Michel n’ont repris le café. Leur avenir était ailleurs.

André entreprit d’abord un apprentissage chez Charles Gaillard, légendaire menuisier ferneysien dont l’atelier jouxtait le café. Il entra plus tard, à Genève, à l’OMM (Organisation Mondiale de Météorologie) et rencontra sa femme, Jacqueline Terrier, dont les parents tenaient, à Pregnin, un autre Café du Soleil. Didier est leur fils unique.

Michel fit à Genève un apprentissage d’électricien avant de s’engager dans une autre organisation internationale, le BIT (Bureau International du Travail). Il rencontra Danièle Brun, déjà maman du petit Gabriel. Leur naquirent Elie et Dominique. De nature réservée, André et Michel participaient à de nombreuses associations, dont la Boule Ferneysienne. André était aussi chasseur. Michel un peu moins, qui prétendait ne pratiquer la chasse que pour promener les chiens. L’un et l’autre s’étaient installés à Ornex, dans deux maisons voisines construites dans le même chemin.

Photo: dans l’arrière-salle du Café du Soleil. En haut : Michel, Simone et André Traffey, Maurice Décotte. En bas : Maurice Traffey, Madame Yvonne, Mimi Traffey.

Martine Cailliez-Miescher (1946-2026)

C’est un peu de notre adolescence ferneysienne qui vient de s’envoler. Au début des années soixante, nous formions une joyeuse bande, insouciante et fraternelle : Michèle, Roland, Freddy, Michel et quelques autres, qui écoutions sur un électrophone Teppaz les premières rengaines de la Nouvelle vague. Martine était déjà la plus belle. Plus tard, elle épouserait un autre Ferneysien, Jean-Claude, dont elle a conservé le nom après leur divorce.

Enfant, Martine habitait chez ses parents, rue de Versoix. Son papa était électricien. Après ses études, elle avait décroché un emploi à La Poste, à Genève. Elle y a passé toute sa vie professionnelle. Au temps des copains avait succédé celui des amis de La Fourchette, club passionné de gastronomie et de voyages. Elle y participait régulièrement et joyeusement.

Mais la vie… La maladie… Martine est partie sur l’autre rive un lendemain de printemps. Nous l’aimions et je suis sûr qu’elle nous aimait. On ne voit bien qu’avec le cœur.

Antoine «Tony» Eisen (1934-2026)

Ferneysien depuis sa naissance le 5 janvier 1934, Tony perd sa mère à l’âge de 9 ans. Son père, potier alsacien originaire de Soufflenheim et installé à Ferney depuis 1929, le confie alors à sa famille maternelle près de Lausanne. C’est là, auprès de ses tantes, que Tony grandit et passe une enfance heureuse jusqu’en 1949.

Il revient alors à Ferney, auprès de son père et entre en apprentissage de compositeur typographe dans une imprimerie genevoise. Il ira parfaire ses connaissances à la fameuse école Estienne, à Paris.

Début 1955, il part pour le Service militaire au 4e régiment du Génie à Grenoble. Il n’y restera que quelques mois, car il fait partie des appelés envoyés à la guerre d’Algérie. À son retour, courant 1957, il épouse Hélène, rencontrée à Grenoble d’où elle est originaire. De cette union de presque 70 ans naîtront Catherine et Isabelle.

Il poursuivra sa carrière dans l’imprimerie à Genève avant de créer, en 1969, l’imprimerie Voltaire, à Ferney, sa grande fierté. Il y travaillera jusqu’à sa retraite en 1994.

Celle-ci se passera tranquillement entre Ferney et la maison familiale d’Hélène à Vaulnaveys-le-Haut, près de Grenoble, où il se consacre avec ferveur au jardinage.

Malgré des épreuves de santé, il conservera jusqu’au bout sa gentillesse légendaire et cet humour si particulier qui le caractérisaient. Tony s’est éteint à 92 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un homme résilient, passionné et profondément humain.

André Cordenod (1940-2026)

Curé de Ferney-Voltaire, Ornex et Prévessin de 1988 à 2003, il nous a quittés le 26 janvier 2026. L’abbé André Cordenod a marqué toute notre région par sa bienveillance et son ouverture aux autres.

Son long chemin l’avait successivement mené à Bourg-en-Bresse, Nantua, Bellegarde et Ferney, où il avait reçu la médaille des Anciens d’AFN pour son accompagnement militaire. Il avait ensuite été nommé curé de Montréal-la-Cluse avant de prendre sa retraite en 2015.

Ses obsèques ont été célébrées le 3 février 2026 dans le petit village de Feillens, à l’ouest du département de l’Ain, tout près de Mâcon où il était né en 1940.

« André s’est efforcé d’actualiser les paroles de Jésus dans les différentes missions qu’il a reçues Dans nos terres de l’Ain. » (Homélie du père Goy, son ami)

Georges Vianès s’en est allé

Georges Vianès, maire, en compagnie de son premier Adjoint, Alex Décotte au cours d’un vernissage en mairie de Ferney.

Figure marquante de la vie locale, Georges Vianès s’est éteint le 4 février à l’âge de 86 ans. Haut magistrat à la Cour des Comptes et maire de Ferney entre 1995 et 2001, il fut un homme d’engagements, dont les actions marquantes — notamment l’achat du château de Voltaire par l’État — ont laissé une empreinte durable dans la région.

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Albert Rosa nous a quittés

Né à Ferney en 1940, Albert Rosa a passé toute sa vie dans notre ville, où il a fondé une famille et dirigé son entreprise de maçonnerie.

« Bébert » est donc né à Ferney, à une époque où l’on naissait encore dans la commune, parfois à Badian ou à Genève. Son père, François, était maçon, et sa mère, Elvire, s’occupait de leurs trois enfants : Virgile, l’aîné, Juliette, la seconde, et Albert, le cadet.

À 20 ans, Albert rejoint le 1er régiment des Tirailleurs Marocains, basé à Bourg-en-Bresse. Il est ensuite envoyé en Algérie, où il sera stationné près d’Alger.

De retour de la guerre, alors que Virgile, souffrant d’une allergie au ciment, crée une entreprise de terrassement, Albert reprend la tradition familiale et devient maçon. Il rencontre Irène Locatelli, également d’origine italienne, et ils se marient. De leur union naîtront Michel en 1964 et Maryline en 1970. Entrepreneur rigoureux et apprécié de ses clients, Albert développe son entreprise et construit, avec ses employés – dont certains sont toujours ferneysiens – de nombreuses maisons à Ferney et dans les environs. Irène, quant à elle, s’occupe de la comptabilité et veille à la bonne gestion financière de l’entreprise.

Installé dans le quartier des Brotteaux, à l’angle du Chemin Florian et de la Rue de Meyrin, Albert commence par rénover la grande bâtisse du 1 Chemin Florian, une ancienne grange. Avec Irène, ils acquièrent ensuite une ferme à Chézery, au lieu-dit « La Rivière », qu’ils rénoveront également. Ils y accueillent leurs nombreux amis, notamment les membres du célèbre « Club de la Fourchette ». Ce club, composé à l’origine d’artisans et de commerçants de la ville ainsi que de leurs épouses, comptait parmi ses membres Freddy Sagne, les frères Maillard, André Malin, Roland Dunand, Alain Réveillon ou encore Daniel Houdayer gérant du Codec avenue Voltaire. Plus tard, le club, devenu une association, aura même son siège social au-dessus du magasin de fleurs des Maillard, rue de Versoix.

C’est sur la route de leur maison de Chézery, où Albert s’arrêtait chaque week-end pour faire les courses, qu’il fait la connaissance de Claude Grosgurin, jeune boucher-charcutier. Claude venait de reprendre l’établissement de son père à Lélex, l’avait rénové et faisait face à des saisons un peu plates qui menaçaient son investissement. Bébert lui conseille alors de venir faire les marchés à Ferney. Claude se souvient avec émotion de ces moments, où, pendant plus de 30 ans, il passait boire un café chez Albert et Irène après le marché, avant de remonter à Lélex.

Tout au long de sa vie active, Albert Rosa s’est également engagé comme sapeur-pompier à Ferney.

Plus tard, Albert et Irène vendront leur maison de Chézery pour acheter une villa dans le Midi, où ils profiteront de leur retraite, partagée entre le Sud et leur vie ferneysienne.

En 2013, Irène décède des suites d’une longue maladie. Un an et demi plus tard, le destin frappe à nouveau la famille : Michel, leur fils, disparaît à l’âge de 50 ans.

Figure emblématique et attachante de notre ville, parfois connu pour son franc-parler mais toujours fidèle en amitié, « Bébert » nous a quittés le samedi 4 janvier. Épuisé par une vie de labeur, il résidait depuis 3 années au Clos Chevalier. Ses funérailles auront lieu samedi 11 janvier à 10h30 à l’église de Ferney.